Brèves d’Afrique australe du 11.10.13

Les Brèves sont préparées chaque semaine par le Service Economique Régional.

Brèves d’Afrique australe du 11 octobre 2013

Faits saillants :

Afrique australe : modération de la croissance régionale en 2013 (FMI)
Afrique du Sud : stagnation de la production manufacturière en août
Botswana : net rebond de la croissance au T2

Région

Net ralentissement de la croissance régionale en 2013 (FMI)

Dans ses prévisions d’octobre, le FMI a revu à la baisse la projection de croissance 2013 pour la région. La croissance moyenne des pays d’Afrique australe s’élèverait ainsi à 3,2 % cette année, contre 3,9 % projetée dans les prévisions d’avril. La croissance est pénalisée par la faible performance de l’Afrique du Sud (2,0 %), qui représente, pour rappel, les deux tiers du PIB de la zone. La croissance de l’Angola devrait également nettement ralentir, du fait de retards dans le décaissement budgétaire et d’un cours du baril moindre qu’anticipé. La Zambie devrait de son côté pâtir de la modération des cours du cuivre. Malgré l’impact des inondations, la croissance du Mozambique devrait être la plus élevée de la région, à 7,0 %, portée par les investissements dans les industries extractives. Logiquement, les pays les plus étroitement liés à l’Afrique du Sud, de par leur appartenance à la SACU (Botswana, Namibie, Lesotho et Swaziland) et/ou à la zone monétaire commune (les trois derniers pays cités) afficheraient des taux de croissance assez faibles. Pour 2014, le FMI prévoit une légère accélération, à 3,4 % pour la région, permise par le rebond attendu de la croissance sud-africaine.

Afrique du Sud

Confirmation de la révision à la baisse de la croissance 2013 (ministère des Finances / FMI)

Le Ministre des Finances, P. Gordhan, a indiqué cette semaine que la croissance pour 2013 devrait ralentir à +2,0 %, contre +2,7 % projetée dans la présentation budgétaire de février. Confirmant l’analyse du FMI (dans son rapport Article IV publié la semaine dernière), la Gouverneure de la Banque centrale a, de son côté, insisté sur le risque jugé « réel » de sorties de capitaux en cas de resserrement –probable- de la politique monétaire dans les pays du G3, qui compromettraient de facto la capacité de financement du déficit courant, qui s’élèverait à 6,1 % du PIB en 2013 selon le FMI.

Stagnation de la production manufacturière en août

La production manufacturière n’a progressé que de +0,2 % en g.a en août, en dessous des attentes du consensus (+1,2 %), après +5,5 % en juillet, en raison du net recul de la production automobile (-25,0 %), conséquence directe des grèves survenues lors de la période de négociation salariale. L’accroissement de la production manufacturière a en outre été entravé par le faible dynamisme des industries alimentaire (+1,7 %) et pétrolière (+2,0 %). A noter par ailleurs que la production minière a progressé de +2,1 % en g.a en août, après +1,2 % en juillet.

Hausse des réserves de change brutes en septembre (Banque centrale)

En septembre, les réserves de change brutes (devise, or et DTS) ont augmenté de 2,1 Mds USD, à 50,0 Mds USD, contre 47,9 Mds USD en août. Cette hausse s’explique principalement par l’émission, début septembre, de l’obligation souveraine de 2,0 Mds USD par le National Treasury (cf. brèves semaine 38) même si celle-ci a été en partie compensée par des effets de valorisation liés à la dépréciation du dollar américain vis-à-vis des principales devises de référence et à la baisse du cours de l’once d’or. Les liquidités internationales nettes (international liquidity position) sont néanmoins restées stables, à 45,6 Mds USD, l’augmentation des réserves brutes ayant été atténuée par l’accroissement des dépôts en devises et la baisse de la position à terme.

Léger tassement du stock de dette extérieure au T2 (Banque centrale)

Le stock de dette extérieure s’élevait à 130,4 Mds USD au T2 2013, soit 34,7 % du PIB, après 140,6 Mds USD au T1. La dette extérieure de l’Etat (48,9 Mds USD) a enregistré la plus forte baisse (-7,8 Mds USD) en raison du repli des obligations de long terme (-7,6 Mds USD). Le recul du stock de dette extérieure a également résulté de la diminution des engagements extérieurs du secteur bancaire (-1,8 Md USD à 23,0 Mds USD) et du secteur privé – hors secteur bancaire (-0,8 Md USD à 14,6 Mds USD). En revanche, la dette des entreprises publiques a légèrement progressé, de +0,2 Md USD à 15,3 Mds USD. Sur un an, le stock de dette extérieure a augmenté de +3,0 % en g.a au T2.

Angola

Révision à la baisse de la prévision de croissance (FMI)

Le FMI a révisé à la baisse sa prévision de croissance 2013, à +5,6 %, contre +6,2 % initialement projeté (avril dernier), en raison de retards dans l’exécution budgétaire, concernant notamment des projets d’investissement en infrastructure, et de la modération attendue de la production pétrolière qui représente plus de 45 % du PIB et 98 % des exportations. La production a en effet ralenti pour s’élever à 1,69 M b/j en août selon l’OPEP, contre 1,79 M b/j en février dernier, en dessous de l’objectif du gouvernement pour 2013 (1,8 M b/j), compte tenu de délais supérieurs aux attentes s’agissant de la mise en œuvre de plusieurs projets.

Botswana

Net rebond de la croissance au T2

Le taux de croissance du PIB s’est accéléré au T2 2013, progressant de +7,9 % en g.a après +3,3 % au T1, en raison de la forte augmentation de la consommation finale (+8,8 % en g.a). L’activité a en outre été portée par la bonne orientation de l’industrie minière (+15,6 %), des services financiers (+7,7 %) et de l’industrie manufacturière (+4,9 %). En particulier, la production de diamant a progressé de +19,2 % grâce à l’augmentation des extractions de Debswana Diamond Company dans les mines d’Orapa et de Jwaneng. Sur l’année, la croissance s’élèverait à +3,9 % selon le FMI, après +4,2 % en 2012.

Malawi

Reconstitution des réserves de change sur longue période

Les réserves de change s’établissaient à 464 M USD fin août, soit 2,5 mois de couverture des importations de biens et services, un niveau nettement supérieur à celui de février dernier (170 M USD, 0,9 mois) et surtout au plus bas atteint en juin 2012 (86 M USD) après l’ajustement du kwacha à sa valeur de marché. La reconstitution des réserves, reflet en large partie de la stabilisation macroéconomique en cours, a principalement été permise, d’une part, par les achats de devises menées par la Banque centrale dans un contexte de hausse des ventes de tabac (deux tiers des exportations) et, d’autre part, par le doublement des flux d’aide publique au développement en 2012/13 (556 M USD).

Mozambique

Légère hausse de l’inflation en septembre

Le taux d’inflation s’est élevé à +4,5 % en g.a en septembre, après +4,3 % en août. Alors que l’inflation a décéléré en 2012 à +2,1 % en moyenne, un seuil historiquement bas, compte tenu de la stabilité des prix administrés et de l’absence de pressions haussières des prix des biens alimentaires, la Banque centrale prévoit un taux de croissance des prix à la consommation de +7 % en moyenne cette année, contre une prévision de +5,5 % pour le FMI. Cette accélération anticipée des prix, effectivement constatée sur les neuf premiers mois de l’année (+4,3 % en moyenne), est en large partie due aux fortes inondations du début d’année, mais aussi à un effet base défavorable. La Banque centrale a laissé inchangé ce mois-ci son taux directeur (8,75 %), après la baisse de 25 pdb effectuée en juillet.

Zambie

Prêt de la BAfD en faveur de l’électricité

La Banque Africaine de Développement (BAfD) a approuvé cette semaine un prêt de 150 M USD destiné à financer une centrale à charbon de 300 MW et réhabiliter la mine de charbon de Maamba. Le projet devrait permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, résultant de la combustion sauvage de plusieurs tonnes de charbon de mauvaise qualité, et d’accroitre l’offre énergétique, dans un pays encore très largement dépendant de la production hydroélectrique (96 % de la production totale) et où le taux d’électrification demeure faible (23 %).

Zimbabwe

Intérêt pour la signature d’un nouveau programme FMI (Ministre des Finances)

Le Ministre des Finances, P. Chinamasa, a fait part, cette semaine, de la volonté du gouvernement de conclure un accord avec le FMI destiné à épurer les arriérés de paiement dus aux bailleurs de fonds multilatéraux (10 Mds USD). Pour rappel, le Fonds a conclu en mai 2013 avec les autorités locales un programme d’assistance technique (Staff Monitored Program) pour une durée de 9 mois, prenant fin en décembre. La signature d’un nouvel accord pourrait permettre le rétablissement de l’assistance financière, contribuant ainsi à répondre aux nombreux défis structurels du pays, parmi lesquels, notamment, un approvisionnement en électricité erratique, reflet d’un déséquilibre entre l’offre (1 167 MW) et la demande (2 200 MW), qui freine le développement de l’industrie manufacturière et la diversification de l’économie.

publie le 23/09/2014

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