COP17 : France et Afrique du Sud ensemble [en]

La France et l’Afrique du Sud ensemble contre le changement climatique

JPEGLe changement climatique place le monde entier devant des problématiques inédites : recrudescence d’accidents climatiques brutaux (sécheresse, inondations, ouragans), élévation du niveau de la mer, acidification des océans, diminution des réserves en eau et de la production agricole... Mais relever ce défi est également sources d’opportunités économiques et sociales et de transformations pour nos sociétés qui permettront de fonder un mode de croissance économique plus vert, plus respectueux de l’environnement et créateur d’emplois.

La France et l’Afrique du Sud affichent leur engagement commun dans la lutte contre le changement climatique

Dans le cadre de leur présidence respective du G20 et de la COP17, la France et l’Afrique du Sud se sont engagées à travailler à la mobilisation de ressources durables et prévisibles pour lutter contre le changement climatique y compris à l’aide de sources de financement innovantes. Elles ont également décidé, avec l’Union européenne, d’unir leurs efforts afin de réaliser des progrès significatifs dans le cadre des négociations internationales sur le climat en vue d’instaurer un régime mondial juste et équitable pour l’après 2012. Elles ont une priorité commune : promouvoir une économie sobre en carbone dans tous les pays, tout en cherchant à développer les technologies vertes.

La France et l’Afrique du Sud sont conscientes de l’urgence d’agir et de leurs responsabilités dans ce domaine

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L’Afrique du Sud est un pays à forte intensité énergétique et un émetteur important de gaz à effet de serre. En cause, un secteur industriel très consommateur d’énergie ; la prépondérance du charbon dans la balance énergétique ; la faible efficacité énergétique des secteurs de la production d’électricité, des mines et de l’industrie.
Le pays s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique, en s’engageant à Copenhague, par la voix du Président Jacob Zuma, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 34% en 2020 et de 42% en 2025, par rapport au scénario de croissance de base.

Bien que ces engagement aient été pris sous condition de transferts financiers et technologiques de la part des pays développés, l’Afrique du Sud a adopté une démarche volontariste, en décidant de politiques majeures comme son plan pour le secteur électrique sur les vingt prochaines années (Integrated Resource Plan 2010) qui prévoit un doublement de la capacité de production, avec, à l’horizon 2030, 27.3% de capacités en énergie renouvelable, une diminution de la part du charbon passant de 85% à 45.9% et 12.7% d’énergie nucléaire. Le gouvernement a également publié en octobre 2011 un Livre Blanc sur le climat (National Climate Change Response White Paper), qui précise sa stratégie en matière de lutte contre le changement climatique.

La France est l’un des pays industrialisés les moins émetteurs de gaz à effet de serre et respecte d’ores et déjà ses engagements pris au titre de la première période d’engagement du Protocole de Kyoto. Elle place la réduction des émissions de gaz à effet de serre au cœur de ses différentes politiques. Si le Paquet Énergie Climat (PEC) fournit la réponse de l’Union européenne à l’urgence de la situation, le Grenelle de l’Environnement définit en la matière les objectifs et la feuille de route de la France. Les deux principaux objectifs de la lutte contre le réchauffement sont : atténuer ses effets en le contenant en dessous de 2°C grâce à un effort collectif et soutenu ; nous adapter à ses impacts, humains, territoriaux, économiques.

Au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la France traduit ses engagements en actions concrètes par des contributions financières croissantes à la coopération internationale dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. Dans le cadre du financement précoce dit « fast-start » issu de l’Accord de Copenhague, la France s’est engagée à assurer une contribution de 1,26 milliards d’euros sur la période 2010-2012, dont 20% pour la forêt.

La France accompagne les politiques sud-africaines dans les domaines énergie et climat

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Cette coopération est guidée en particulier par la feuille de route sur l’énergie signée le 2 mars 2011 à l’occasion de la visite d’Etat du Président Jacob Zuma en France. Elle est la marque d’un partenariat dynamique et innovant. Dans le domaine nucléaire, les deux pays ont décidé de renforcer leurs échanges en matière de recherche et développement et de mener des projets communs de formation d’ingénieurs en matière de sureté et de gestion des déchets radioactifs. Ce partenariat s’est concrétisé par des accords de coopération entre NECSA (South African Nuclear Energy Corporation) et la compagnie AREVA dans les domaines du combustible nucléaire et autres technologies, ainsi qu’avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) qui a permis un travail commun en faveur de la compréhension par le grand public des questions nucléaires, ainsi qu’une coopération sur les sujets liés à la recherche et au développement du nucléaire civil. La feuille de route prévoit également de développer la coopération dans les domaines de l’efficacité énergétique et les financements innovants : l’Agence française de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) apportera son soutien à la création d’une nouvelle agence sud-africaine dédiée à l’efficacité énergétique.

Le soutien à un secteur énergétique sobre en gaz à effet de serre, moteur d’une croissance durable, est un axe stratégique pour l’Agence française de développement (AFD) en Afrique du Sud

Institution financière publique présente dans plus de 60 pays, l’AFD est au cœur du dispositif français d’aide publique et de coopération en faveur des pays pauvres et émergents. Elle est présente en Afrique du Sud depuis 1994. En 2011, l’AFD a développé trois axes stratégiques pour l’énergie et le climat, à savoir l’élargissement des partenariats avec les municipalités sur le climat, le développement de projets d’énergie renouvelable en Afrique du Sud et dans la région ainsi qu’un appui au gouvernement et secteur public sud-africain vers une économie verte.

Municipalités. L’AFD a financé à hauteur de 6M€ un projet de valorisation énergétique des déchets de décharges de la municipalité d’eThekwini (Durban) qui devrait permettre d’économiser en 12 ans de durée de vie l’équivalent de 6,8 millions de tonnes de CO2. Un second prêt pour des investissements d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique dans les secteurs de l’eau et du bâtiment principalement est actuellement en cours de discussion avec la municipalité.

Banques et secteur privé. L’AFD met actuellement en place un crédit de 120M€ auprès de trois institutions financières sud-africaines, dédié au soutien des investissements privés industriels et commerciaux d’efficacité énergétique et d’énergie renouvelables.

Opérateurs de services publics. L’AFD a finalisé en 2011, avec une contribution de 100M€, un partenariat avec ESKOM, l’opérateur national d’électricité, afin de contribuer au financement de son projet de ferme éolienne de 100MW au Nord du Cap. L’Agence participera également à l’établissement de la future centrale à concentration solaire de 100MW dans le Northern Cape.

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Agences publiques et institutions de recherche. L’AFD a consenti une subvention d’assistance technique au CEF, responsable de l’identification et de la promotion de projets d’efficacité énergétique et soutient également le Centre de recherche sud-africain sur la capture et le stockage du CO2, ainsi que les équipes de recherche de la DBSA.

Dans la Région. L’AFD est active au Mozambique, en Namibie, en Zambie et au Botswana où elle soutient des projets d’énergie renouvelable et d’hydroélectricité dans une logique d’intégration régionale, en finançant aussi des interconnexions comme le projet Caprivi entre la Zambie et la Namibie, mis en service fin 2010.

La recherche française est également active sur le thème du changement climatique en Afrique du Sud

Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et l’Université de Pretoria travaillent à minimiser l’impact du changement climatique. Ils étudient ainsi des solutions innovantes telles que la diversification pour les petites exploitations agricoles particulièrement vulnérables à ce changement. Ils étudient également la propagation des parasites, insectes vecteurs de maladies humaines, et plantes invasives à même d’affecter la biodiversité, et dont les modes de propagation sont très dépendants de l’évolution du climat.

La France et l’Afrique du Sud ont par ailleurs créé un institut commun de recherche en océanographie (ICEMASA) basé à l’université du Cap, dont une des missions est de produire des modèles numériques de la dynamique de l’atmosphère et des océans visant à produire des données quantitatives sur le changement climatique et son impact sur la faune marine. ICEMASA organise également des ateliers de travail et des séminaires à vocation éducative. Ce projet très large regroupe le ministère de l’environnement, le ministère de l’agriculture et des pêches, le Center for scientific and industrial research (CSIR) et l’Université du Cap côté sud-africain ; l’Institut de recherche pour le développement (IRD), le Centre national de recherche scientifique (CNRS), et les universités de Brest et de Montpellier côté français.
Les Alliances françaises en Afrique australe, pilotes en matière de développement durable

Lancé par l’Alliance française de Port Elizabeth en octobre 2008, et étendu à tout le réseau des Alliances d’Afrique australe, le projet Indalo (« nature » en Xhosa) a pour objectifs principaux la réduction de l’empreinte carbone des Alliances françaises et la sensibilisation du public aux questions environnementales.

Dans ce cadre, l’Alliance française de Durban a lancé un vaste chantier d’adaptation de ses locaux et de son fonctionnement. Il comprend un travail sur les sources et la gestion de l’énergie (panneaux solaires, citernes de réservoirs d’eau de pluie), sur les espaces verts (plantes indigènes, jardin potager) et le recyclage. La COP 17 sera l’occasion du lancement officiel du projet par les partenaires privés et publics qui soutiennent et financent cet équipement ‘Haute Qualité Environnementale’.

Les élèves du Lycée Jules Verne de Johannesburg et le programme Ecoschool

Le lycée français Jules Verne a obtenu le label « green flag » en 2010 dans le cadre du programme sud-africain Ecoschool, projet international développé par WWF qui propose aux écoles des projets de développement durable en rapport avec les programmes scolaires. En 2011 les 75 enseignants et les 800 élèves du Lycée se sont investis dans diverses activités comme par exemple les plantations d’arbres indigènes dans l’enceinte de l’école, la création d’une mare pédagogique comme lieu de pratique et d’observation scientifique de l’évolution d’animaux amphibiens et de végétaux, l’étude d’un projet d’implantation de cuves de récupération d’eaux de pluie.

Le soutien à la société civile

Dans le cadre du Fonds de soutien à la société civile, l’ambassade de France a financé plusieurs projets d’ONG sud-africaines pour promouvoir la participation des communautés dans le fonctionnement et la gestion durable de services tels que l’accès à l’eau et à l’énergie, la gestion des déchets ou la préservation de la biodiversité. En partenariat avec la municipalité d’eThekwini (Durban), l’association Mvula Trust a publié « Raising citizens’ voice », un livret-ressource sur le cycle de l’eau et de l’énergie assorti d’idées pour réduire la consommation et aider les communautés à s’adapter au changement climatique.

Les entreprises françaises contribuent à relever les défis de l’Afrique du Sud

Prévenir une crise de l’eau

L’Afrique du Sud doit faire face à de sérieux défis dans le domaine de l’eau, en particulier ceux de la pérennisation de la ressource (à ce jour 98% des ressources disponibles sont utilisées), de la détérioration des infrastructures et du manque d’équipements industriels.
Les entreprises françaises, telles que Veolia Water Solutions & Technologies ou GDF-Suez à travers Degremont et son partenaire technique WSSA, travaillent avec leurs partenaires sud-africains (municipalités, industries, mines...) en construisant et en opérant des stations de traitement de l’eau ou des stations de désalinisation. D’autres sociétés comme Ingerop, SPC, Soletanche Bachy ou bien Bureau Veritas apportent leur expertise technique de pointe dans l’ingénierie, l’installation, la construction ou bien la certification de structures de transport ou de traitement de l’eau.

Veolia Water Solutions & Technologies South Africa participe également à la lutte contre le problème majeur que représente la montée des eaux minières acides en collaborant avec Mintek combinant les technologies de traitements des eaux de l’entreprise française et les procédés de traitement des eaux acides de l’entité publique spécialisée dans la recherche minière.

Participer à l’aventure des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables devraient représenter près de la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité qui seront construites d’ici 2030 selon le plan de l’Afrique du Sud pour le secteur électrique sur les vingt prochaines années (integrated resources plan 2010). Plusieurs sociétés françaises ont offert leurs services dans les domaines solaire, éolien et hydroélectrique : Soitec, Sidec Sechilienne, EDF Energies Nouvelles, Innowind, Coruscant, Schneider Electric, Tenesol, SolaireDirect. Plusieurs de ces sociétés participeront à l’appel à projets du ministère sud-africain de l’énergie lancé en août 2011 et accompagneront l’Afrique du Sud dans sa mutation énergétique afin de baisser sa dépendance vis-à-vis du charbon.

En partenariat avec EDF et avec le soutien des autorités sud-africaines, Total a lancé en 2002, lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, un programme d’électrification rurale décentralisée par énergie solaire afin d’alimenter en électricité 15 000 foyers, soit 90 000 personnes, situés dans la partie centrale de la province du Kwazulu-Natal, non raccordés au réseau de distribution électrique. Ce projet a été étendu en 2007 à la province de l’Eastern Cape suite à un accord avec le ministère sud-africain de l’énergie.

La compagnie Alstom finance par ailleurs une chaire d’excellence dans le domaine des énergies renouvelables à l’Université de Witwatersrand de Johannesburg, inaugurée le 1er décembre 2011. Schneider Electric, en collaboration avec l’université technologique du Vaal (VUT) et le ministère français de l’éducation nationale ouvrira en mars 2012 un centre de formation professionnelle dans les domaines de l’énergie et de l’électricité.

Proposer une énergie sûre et peu carbonée au travers du nucléaire

L’Afrique du Sud a confirmé son engagement dans l’énergie nucléaire dans son plan pour le secteur électrique sur 20 ans. 78% de l’électricité en France est d’origine nucléaire et les entreprises françaises, déjà impliquées dans la construction, l’opération et la maintenance de la seule centrale nucléaire en Afrique du Sud et même de l’Afrique toute entière - Areva, EDF et Alstom notamment - se placent aux côtés des Sud-africains afin de leur fournir des technologies de pointe et des équipements de haut niveau. Les échanges entre sociétés sud-africaines et françaises montrent la vitalité des relations et la même compréhension du besoin de sureté et d’industrialisation locale.

Rendre la consommation de l’énergie plus efficace

L’Afrique du Sud est un pays gros consommateur d’électricité. Elle met en place des mesures de réduction de la demande : programme de gestion de la demande de l’opérateur d’électricité Eskom en collaboration avec les industriels et les foyers ; loi durcissant les normes énergétiques de construction des nouveaux bâtiments qui entrera en vigueur en novembre 2011. Les entreprises françaises sont présentes sur ce secteur à travers différents projets ou partenariats : projet pilote de construction d’une école à faible consommation (Arcelor Mittal Construction), outil permettant d’analyser la performance énergétique d’un bâtiment (Bureau Veritas), amélioration des conditions de vie dans des logements sociaux grâce à l’utilisation de matériaux plus performants (Lafarge), équipements de détection de présence, de compensation d’énergie active (Legrand), éléments de toiture isolants produits entièrement à base de matériaux recyclés (Onduline), solutions intégrées pour tous types de bâtiments et processus industriels (Schneider Electric).

Faciliter les déplacements et les transports afin de limiter la pollution atmosphérique

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Le développement du transport ferroviaire est devenu une priorité du gouvernement sud-africain. C’est un défi majeur pour l’Afrique du Sud qui lui permettra de diminuer l’importance du transport par route. En plus de la participation des entreprises françaises Bouygues Construction, RATP Développement dans le projet du Gautrain (réseau reliant Johannesburg à l’aéroport et à Pretoria), d’autres entreprises, telles que Alstom, Thalès, Faiveley, Vossloh Cogifer, Egis, Systra, SNCF, sont prêtes à s’investir auprès de PRASA et de Transnet pour la réussite de leurs plans de développement de grande ampleur.

publie le 24/11/2011

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