Extrait des brèves du 05.12.2014

Les Brèves sont préparées chaque semaine par le Service Economique Régional.

Brèves d’Afrique australe du 05.12.14

Faits saillants :

Région : retour de la Banque africaine de développement sur le marché eurorand (BAfD)
Afrique du Sud : net creusement du déficit commercial sur les 10 premiers mois de 2014 (Autorités)
Angola : nouvelle (et forte) contraction des réserves de change en octobre (Banque centrale)
Lesotho : l’économie fortement pénalisée par la crise politique (FMI)

Afrique du Sud :

Fort creusement du déficit commercial sur les dix premiers mois de l’année (Autorités)

En octobre, le déficit commercial s’est sensiblement dégradé, à -21,3 Mds ZAR soit -1,9 Md USD, après -3 Mds ZAR en septembre, conséquence notamment de la hausse rapide du volume des importations de pétrole (en dépit de la baisse des cours) destinées à alimenter les centrales à fioul de pointe d’Eskom, dont 25 % du parc est actuellement hors service. Le déficit reflète également la perte de compétitivité continue des exportations, en repli de -1,8 % sur le mois, en dépit de la faiblesse du Rand, alors que les importations ont crû de +17,8 %. Sur les dix premiers mois de l’année, le déficit cumulé atteint -95,1 Mds ZAR (-8,2 Mds USD), soit 30 % de plus que le déficit enregistré en 2013 (-73,08 Mds ZAR). Représentant plus de 2,9 % du PIB, le déficit commercial alimente ainsi le déficit courant, qui pourrait dépasser la projection de 5,6 % du PIB attendue par le Treasury cette année.

Progression de l’indice PMI en novembre (Kagiso PMI)

En novembre, l’indice PMI s’est établi à 53,3 points après 50,1 (revu à la baisse) en octobre, dépassant pour le 2ème mois consécutif le seuil des 50 points, traduisant une progression de l’activité manufacturière. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis août 2013. Les hausses les plus fortes ont concerné les composantes « nouvelles commandes » (+4,8 points à 55 points) et « cycle des affaires » (+5,7 points à 56 points) confirmant la reprise graduelle de l’activité en particulier dans les secteurs manufacturier et minier, pénalisés par les grèves du 1er semestre dans l’industrie des platinoïdes, puis de la métallurgie. Si la progression de cet indice laisse présager d’une contribution positive du secteur manufacturier au PIB du 4ème trimestre, les perspectives de moyen terme restent très incertaines comme le révèle le fort repli (-9,7 points) des conditions de production attendues, confirmant le manque de confiance des entrepreneurs dans l’économie. A noter que si le segment des perspectives d’emploi s’améliore (+2,1 points), il reste inférieur à 50 points (48,2) indiquant de nouvelles destructions de postes le mois dernier.

Nouvelle baisse des réserves de change en novembre (Banque centrale)

Fin novembre, les réserves de change (devises, or et DTS) se sont de nouveau contractées, de -138 M USD, à 48,54 Mds USD, représentant désormais 5 mois de couverture des importations, un seuil que le FMI juge insuffisant pour envisager d’éventuelles interventions de la Banque centrale en appui au Rand. La hausse des réserves en or (+68 M USD), liée à des effets de valorisation, n’a pas permis de compenser la baisse marquée des réserves en devises (-176 M USD) due au mouvement d’appréciation nominale du dollar US par rapport aux principales devises. Les liquidités internationales nettes (international liquidity position) se sont élevées à 42,9 Mds USD, en repli de -139 M USD. Les inquiétudes sur les déficits jumeaux conjuguées à la volatilité des marchés émergents devraient à court terme se traduire par une pression accrue sur le niveau des réserves.

Revue de politique monétaire : vers la poursuite de la hausse du taux directeur (Banque centrale)

Dans sa dernière revue de politique monétaire, la South African Reserve Bank a rappelé les défis de l’économie, confrontée, d’une part, à une inflation élevée, qui devrait sur l’année dépasser la cible de moyen terme de 3-6 % malgré la décélération observée ces derniers mois résultant de la faiblesse des cours du baril de pétrole brut et de la modération continue des prix alimentaires, et, d’autre part, au poids des déséquilibres macroéconomiques, à commencer par la présence de déficits jumeaux élevés qui continuent de peser sur le taux de change. Relevant le seuil toujours élevé de l’inflation sous-jacente (5,7 % en g.a en octobre), conséquence d’une spirale prix-salaires et de la trajectoire toujours baissière du Rand, le Gouverneur a laissé entendre que le mouvement de hausse graduelle du taux directeur devrait se poursuivre, à un rythme contribuant à la réduction du déficit courant sans pénaliser pour autant trop fortement la croissance, les taux d’intérêt réels restant à ce stade négatifs.

publie le 08/01/2015

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