Extrait des brèves du 12.12.2014

Les Brèves sont préparées chaque semaine par le Service Economique Régional.

Brèves d’Afrique australe du 12.12.14

Faits saillants :

Afrique du Sud : le Rand au plus bas face au dollar depuis octobre 2008 et volatilité exacerbée
Afrique du Sud : déficit courant de 6 % du PIB au T3 / le FMI inquiet de la rapide montée des risques
Lesotho : révision à la hausse de l’objectif de réserves de change de la Banque centrale
Zimbabwe : vers l’ouverture d’un marché obligataire à la fin du 1er semestre 2015

Afrique du Sud :

Déficit courant toujours très élevé au T3 2014, à 6 % du PIB après 6,3 % au T2 (Banque centrale)

Le déficit courant s’est élevé à 6 % du PIB au 3ème trimestre, soit nettement plus que les attentes du consensus (5,8 %), après 6,3 % (revu à la hausse) au 2ème trimestre. En dépit d’un déficit commercial moindre, à 2,4 % du PIB après 2,7 % au 2ème trimestre, le maintien du déficit à un seuil élevé résulte surtout de la dégradation des balances des services, des revenus et des transferts courants, en large partie due à la conjonction d’une forte réduction des dividendes reçus de l’étranger avec une rapide croissance des dividendes versés à l’étranger. Sur l’année, le déficit s’élèverait à 5,9 % du PIB contre 5,8 % en 2013 (qui était jusqu’ici le déficit le plus élevé jamais enregistré par le pays). A noter que le rebasage récent du PIB se traduit par un niveau d’endettement des ménages nettement supérieur aux chiffres prévalant jusqu’alors, à 78,3 % du revenu au 3ème trimestre contre 73,5 % précédemment. Ce seuil très élevé d’endettement des ménages couplé à la faiblesse actuelle des cours du baril de pétrole brut pourraient néanmoins contribuer à réduire le déficit au dernier trimestre.

Sombres perspectives sombres du FMI pour l’économie sud-africaine (FMI)

Au terme de l’examen article IV de l’Afrique du Sud, le FMI a souligné « les risques considérables » pesant actuellement sur l’économie sud-africaine. Le Fond a ainsi rappelé que l’activité ralentissait davantage en Afrique du Sud que dans d’autres émergents, du fait des difficultés structurelles propres au pays, parmi lesquelles les grèves prolongées et les difficultés d’approvisionnement en électricité. La croissance en 2015 ne s’élèverait qu’à 2,1 %, après 1,4 % cette année, puis à 2,75 % en moyenne annuelle sur la période 2016-19, soit un seuil très en deçà de l’objectif fixé par le Plan National de Développement et rappelé dans le Medium term Strategic Framework 2014-19 de 5 à 5,5 % par an, un taux nécessaire pour commencer à réduire le niveau du chômage. Dans ce contexte et dans la mesure où la demande extérieure devrait rester atone l’an prochain, l’institution a recommandé d’accélérer les réformes structurelles, au risque de voir se creuser les déficits extérieur et budgétaire, croître la dette publique et devoir affronter une hausse du chômage et des inégalités.

Décélération de l’inflation en novembre, mais progression de l’inflation sous-jacente (Autorités)

En novembre, le taux d’inflation a légèrement ralenti, à +5,8 % en g.a après +5,9 % en octobre, soit le 3ème mois consécutif de retour du taux d’inflation dans la cible (haute) de la Banque Centrale (3-6 %). Sur les onze premiers mois de l’année, le rythme moyen de hausse des prix atteint +6,1 %. Le ralentissement des prix en novembre est avant tout lié au repli continu du cours du baril de pétrole brut (moins de 64 USD cette semaine contre 112 USD en juin), se soldant par une baisse des frais de transport (+4,2 % après +4,8 % en g.a), et à la baisse des prix alimentaires sur le plan international. Les signes de la présence d’une spirale prix-salaires, alimentée en partie par la faiblesse du Rand et son impact sur les prix des biens importés, se reflètent toujours à travers le niveau de l’inflation sous-jacente, en hausse de +5,8 % après +5,7 % en octobre (à comparer avec un taux de +5,3 % en janvier). Sur l’année, le taux d’inflation s’élèverait à +6,1 % selon la Banque centrale.

Accélération des ventes de détail en octobre (Autorités)

En octobre, les ventes de détail ont crû de +3,4 % en g.a, après +2,3 % en septembre, au-delà des attentes du consensus (2,0 %), grâce notamment à une progression marquée des ventes alimentaires (+6,6 % après +3 %) et des achats d’équipement (+4,6 % après +3,9 %), mais également à un effet base favorable (modeste accroissement des ventes en octobre 2013). En rythme mensuel corrigé des variations saisonnières, les ventes ont augmenté de +0,4 % après un repli de -0,7 % en septembre. En dépit de cette accélération, la progression rapportée aux trois derniers mois écoulés reste mesurée, avec une augmentation de +2,6 % en moyenne en g.a, contre +3,6 % entre juillet et septembre.

Ralentissement de la production manufacturière en octobre (Autorités)

En octobre, la production manufacturière a nettement ralenti, à +2,2 % en g.a contre +8,6 % en g.a en septembre, du fait notamment d’un effet base défavorable. La déclaration de la production résulte essentiellement de la moindre performance de l’industrie automobile. Si la faiblesse persistante du Rand pourrait jouer en faveur d’une hausse de la production, à l’inverse les difficultés d’approvisionnement en électricité, amenées à persister dans les prochains mois, pèsent toujours lourdement sur le secteur manufacturier. A noter que la production minière s’est replié de -1,1 % en g.a en octobre du fait du fort recul de la production du groupe des platines (-20,5 %). Le ralentissement continu de la demande extérieure, notamment chinoise, couplée à la baisse des cours, risquent de peser sur les perspectives de moyen terme d’évolution de la production.

publie le 09/01/2015

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