Extrait des brèves du 14.11.2014

Les Brèves sont préparées chaque semaine par le Service Economique Régional.

Brèves d’Afrique australe du 14.11.14

Faits saillants :

Afrique du Sud : rebond de la production manufacturière en septembre mais contraction au T3
Mozambique : réduction du taux directeur de 75 points de base à 7,5 %
Zimbabwe : approbation d’un nouveau Staff Monitored Program (FMI)

Afrique du Sud

Rebond technique de la production manufacturière en septembre mais contraction au T3 (Autorités)

En septembre, la production manufacturière a crû de +8,0 % en g.a, après deux mois de repli consécutifs (-1 % en août, révisé). Cette hausse résulte essentiellement de la nette accélération de la production dans l’industrie automobile (+121,6 % en g.a) qui a profité d’un effet base favorable très marqué à la suite des grèves ayant affecté le secteur en septembre 2013. En rythme trimestriel corrigé des variations saisonnières (cvs), la production manufacturière s’est toutefois contractée de -5,2 % au 3ème trimestre, pénalisée par les grèves de l’industrie métallurgique en juillet, l’approvisionnement toujours erratique en électricité (dont la production a reculé de -1,6 % en rythme trimestriel cvs au 3ème trimestre) et les dégradations des perspectives économiques (croissance revue à 1,4 % pour 2014 par le Treasury). Le manque de dialogue social, illustré par l’exclusion du syndicat métallurgique Numsa, fort de près de 340 000 adhérents, de la Cosatu apparaît enfin comme l’un des principaux freins à une amélioration du climat des affaires, les marchés s’attendant à de possibles nouvelles grèves d’ici à la fin de l’année, en particulier dans les mines et la chimie.

Hausse modérée des ventes de détail en septembre (Autorités)

En septembre, les ventes de détail ont progressé de +2,3 % en g.a, après +2,0 % en août (révisé), en-deçà des attentes du consensus (+3 %). Si la hausse résulte du regain des ventes alimentaires (+3 % après -1,6 %) et des produits pharmaceutiques (+4,6 % contre +1,2 % en août), elle s’explique aussi largement par un effet base très favorable, liée à une nette contraction des ventes en septembre 2013, conséquence d’une perte de pouvoir d’achat suite à d’importants mouvements de grèves. Ajustée de cet effet base, la progression des ventes de détail ne s’élèverait plus qu’à +0,1 % en g.a. Les perspectives de progression des ventes pour le reste de l’année restent pénalisées par les difficultés persistantes des ménages, confrontés à un fort taux de chômage (25,4 % officiellement) et à un taux d’endettement toujours élevé (73,5 % du revenu disponible), alors que les taux d’intérêt suivent une trajectoire croissante du fait du resserrement graduel de la politique monétaire sud-africaine.

Dégradation de la notation d’Eskom et des cinq principales banques sud-africaines (Moody’s)

Suite à la décision la semaine dernière de dégrader d’un cran la notation souveraine de l’Afrique du Sud à Baa2, l’agence Moody’s a baissé d’un cran les notations de l’électricien public Eskom, désormais en catégorie spéculative, ainsi que des cinq principales banques locales (Standard Bank Ltd, Absa Bank Ltd, FirstRand Bank Ltd, Nedbank Ltd et Investec Bank Ltd). Si la décision de Moody’s était attendue, la dégradation de la notation souveraine entraînant selon sa méthodologie un ajustement à la baisse des entreprises notées, l’agence a rappelé dans sa décision le poids de la dette d’Eskom (plus de 21 Mds USD) et sa dépendance à l’égard des garanties du Trésor, sans lesquelles la dette émise serait en catégorie hautement spéculative. Moody’s a toutefois revu la perspective associée, de négative à stable, saluant en particulier le plan de refinancement annoncé lors de la présentation de la revue budgétaire de mi-mandat. Si Standard & Poor’s a confirmé dans la foulée la notation d’Eskom à BBB-, elle a maintenu la perspective associée à négative en dépit du plan de refinancement annoncé par l’Etat. S’agissant des banques, Moody’s a rappelé la part prépondérante des obligations souveraines sud-africaines dans les actifs détenus par les établissements dégradés.

publie le 05/12/2014

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