Extrait des brèves du 7.11.2014

Les Brèves sont préparées chaque semaine par le Service Economique Régional.

Brèves d’Afrique australe du 7.11.14

Faits saillants :

Afrique du Sud : Moody’s dégrade la notation souveraine de long terme à Baa2, perspective stable
Malawi : forte hausse du taux directeur de +250 pdb à 25,0 %
Zimbabwe : reprise de l’aide de l’Union européenne

Afrique du Sud

Moody’s dégrade la notation souveraine de long terme à Baa2, perspective stable (Moody’s)

L’agence de notation Moody’s vient de réviser à la baisse la notation souveraine de long terme de l’Afrique du Sud, de Baa1 à Baa2, justifiant sa décision par la faiblesse des perspectives de croissance de moyen terme, pénalisées en particulier par la persistance des difficultés d’approvisionnement en électricité, la détérioration du climat des affaires et la trajectoire haussière de la dette publique brute. L’agence a néanmoins revu la perspective associée, de négative à stable, saluant ainsi les engagements de réduction du déficit public sur les trois prochaines années, annoncés il y a deux semaines à l’occasion de la revue budgétaire de mi-parcours. Dans la foulée, le Rand s’est déprécié de 1 % par rapport à l’USD atteignant son plus bas niveau depuis quatre semaines à 11,16 ZAR pour 1 USD. La notation de Moody’s reste à deux crans de la catégorie spéculative (comme pour Fitch) contre un cran pour Standard and Poor’s (BBB-, perspective stable).

Hausse de l’indice PMI en octobre (Kagiso PMI)

En octobre, l’indice PMI s’est établi à 51,8 points après 50,8 en septembre, dépassant, pour le 2ème mois consécutif le seuil des 50 points, traduisant un regain de l’activité manufacturière. Les progressions les plus fortes ont concerné les composantes « nouvelles commandes » (55,9 points après 53 en septembre) et « inventaires » (+5,8 points à 56,3 points) illustrant la reprise graduelle de l’activité en particulier dans les secteurs du platine et de la métallurgie. Si la progression de cet indice laisse présager d’un 4ème trimestre meilleur que le précédent, la production manufacturière reste toutefois confrontée à la faiblesse persistante de la demande extérieure ainsi qu’aux difficultés d’approvisionnement en électricité. La dégradation des perspectives en termes d’emploi (-1,4 point à 46,1) laisse par ailleurs craindre de nouvelles suppressions de postes alors que le secteur industriel a déjà perdu plus de 25 000 emplois depuis le début de l’année.

Nouvelle baisse des réserves de change en octobre (Banque centrale)

Fin octobre, les réserves de change (devises, or et DTS) se sont de nouveau nettement contractées, de -452 M USD, à 48,65 Mds USD, représentant environ 6,5 mois de couverture des importations. Cette baisse a principalement résulté de la diminution des réserves en devises (-286 M USD), liée au mouvement d’appréciation nominale du dollar US par rapport aux principales monnaies, couplée à la réduction des réserves d’or (-163 M USD) en raison d’effets de valorisation, liés au repli de -3,4 % sur le mois du cours de l’once. Les liquidités internationales nettes (international liquidity position) se sont élevées à 43,1 Mds USD, après 43,3 Mds USD en septembre, en ligne avec la baisse des dépôts en devises à la Banque centrale (-216 M USD).

Progression des recettes fiscales en 2013/14 (National Treasury)

Malgré le ralentissement de la croissance, les recettes fiscales de l’Etat ont augmenté de 10,6 % à 900 Mds ZAR (91 Mds USD) en 2013/14, soit 26,1 % du PIB, un rythme plus élevé qu’en 2012/2013 (+9,6 %). Cette hausse s’explique principalement par l’accroissement des recettes tirées de l’impôt sur le revenu (+12,4 %), qui concentre à lui seul 34,5 % du montant total des recettes, conséquence des efforts réalisés en matière de collecte et de lutte contre la fraude. Si l’impôt sur les sociétés et les droits de douane ont également crû, de respectivement +11,4 % et +13,3 %, les recettes tirées de la TVA sont restées contraintes par l’atonie de la consommation intérieure, tandis que la hausse de la TVA sur les importations (+17,6 %) s’explique avant tout par la dépréciation nominale du Rand au cours de l’année fiscale (-15 % par rapport au dollar). Le cadrage budgétaire de moyen terme se fixe pour objectif d’accroître les recettes de l’Etat de près de 4 Mds USD d’ici à 2017/18, via notamment l’élargissement de l’assiette fiscale, alors que seulement 5,2 millions de personnes sur 15,2 millions de contribuables s’acquittent effectivement de l’impôt sur le revenu.

Creusement du déficit commercial sur les neuf premiers mois de l’année (Autorités)

Sur les neuf premiers mois de l’année, le déficit commercial s’est fortement creusé, de +16,9 % en g.a à -73,7 Mds ZAR (-6,9 Mds USD contre -63,1 Mds ZAR (-6,7 Mds USD) sur la même période l’an dernier (révisé). Le déficit atteint désormais 2,8 % du PIB. Cette détérioration résulte d’une hausse plus marquée des importations entre janvier et septembre (+8,1 % en g.a) par rapport aux exportations (+7,3 % en g.a), pénalisées par les grèves dans l’industrie minière et l’atonie de la demande extérieure. Les secteurs exportateurs n’ont ainsi pas tiré avantage de la faiblesse du Rand, illustrant de nouveau la perte graduelle de compétitivité de l’économie sud-africaine due notamment à la hausse des coûts de production (salaires et électricité) et à la détérioration des termes de l’échange. La dégradation du déficit commercial devrait peser sur le déficit courant, officiellement attendu à -5,6 % du PIB sur l’année.

publie le 04/12/2014

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