La France et l’Afrique du Sud sont très proches politiquement - Président Hollande [en]

Visite d’État en France du Président sud-africain - Déclaration à la presse par M. François Hollande, Président de la République

Paris, le 11 juillet 2016

Mesdames, Messieurs, je reçois avec beaucoup de plaisir, d’honneur même, Jacob ZUMA, pour cette visite d’Etat qui va renforcer considérablement le partenariat entre l’Afrique du Sud et la France.

J’avais moi-même effectué une visite comparable en 2013 et nous avions décidé d’élargir les bases qui avaient été bâties entre Nelson MANDELA et François MITTERRAND et qui avaient, d’une certaine façon, fondé le partenariat stratégique entre la France et l’Afrique du Sud.

Nos deux pays sont éloignés géographiquement, mais sont très proches politiquement, parce que nous avons, l’Afrique du Sud et la France, cette même ambition de défendre, partout, la démocratie, le pluralisme, la culture. Sans doute est-ce dû à notre histoire et aux liens qui se sont créés pendant toute la période où les Sud-africains voulaient en terminer avec l’apartheid et où les mouvements progressistes, en Europe et en France, luttaient aux côtés de Nelson MANDELA et de son parti pour aboutir au résultat qui fut enfin le sien, c’est-à-dire cette mise hors-jeu définitive de cette affreuse méthode qu’était l’apartheid.

Aujourd’hui nous n’en sommes plus là mais nous avons toujours cette même inspiration, défendre la dignité humaine, permettre l’émancipation, ne tolérer aucune atteinte au principe d’égalité, et c’est la raison pour laquelle nous avons un partenariat politique, que nous avons décidé de rehausser encore, avec des réunions régulières entre nos ministres des Affaires étrangères et nos ministres de la Défense.

Nous voulons également agir pour donner des règles au monde. L’Afrique du Sud est membre du G20, nous nous retrouverons bientôt en Chine. Nous voulons, aussi bien la mondialisation dans sa version économique, que dans sa version environnementale, nous voulons qu’il puisse y avoir des progrès comme ceux que nous avons accomplis à l’occasion de la COP21, et l’Afrique du Sud a été particulièrement motrice pour emmener un certain nombre de pays, notamment les pays émergents, vers la conclusion de cet accord de Paris.

La France veut, maintenant, tirer toutes les conséquences de cet accord et mener des politiques de développement qui puissent offrir une large place aux énergies renouvelables, aux modes de transport, à l’organisation des villes, qui puissent avoir des effets rapides sur le climat.

A cet égard nous avons signé un document cadre du partenariat franco-sud-africain et une convention qui va permettre à l’Agence Française de Développement de mener à bien, avec des entreprises sud-africaines, des projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.

Le Président ZUMA vient à la tête d’une très importante délégation, d’abord des ministres, que je salue, et qui ont eu d’ores et déjà des contacts avec leurs homologues français, mais également de nombreux chefs d’entreprise, de nombreuses représentations économiques, qui vont avoir avec le MEDEF -une réunion s’est tenue ce matin- les conditions d’un partenariat renforcé. Il y a un exemple que je veux citer, parmi d’autres, car il y aura d’autres accords qui vont être signés, c’est celui entre la SNCF et son homologue sud-africain PRASA, avec des conséquences très concrètes en termes d’investissements.

Je n’oublie pas non plus que l’Afrique du Sud et la France qui, sont éloignés géographiquement si je regarde la métropole, mais l’Afrique du Sud et la France sont également des voisins, puisque, avec l’île de La Réunion, nous sommes présents dans l’Océan indien, et nous avons aussi voulu qu’il y ait un accord de coopération pour la surveillance des pêches dans la zone australe. Je me réjouis de cet engagement, qui d’ailleurs peut avoir des conséquences en termes de sécurité, car nous avons voulu, à l’occasion de la visite d’Etat du Président ZUMA, qu’il y ait un renforcement, de notre action en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme, et là encore il y aura des suites à cette visite.

Nous sommes également préoccupés par un certain nombre de situations en Afrique. La France a pris ses responsabilités au Sahel, et continue de les prendre, nous avons eu aussi à intervenir sous mandat ONU en Centrafrique et en étroite liaison avec la République Sud-africaine, pour la Centrafrique. Aujourd’hui, nous exprimons notre commune préoccupation par rapport à la situation en Sud Soudan et avec des violences qui se sont encore produites, et de nombreux morts qui ont dû être déplorés.

Je veux terminer sur une remarque, que nous avons partagée avec le Président ZUMA et sa délégation, c’est concernant le Brexit. Chacun connaît les liens qui unissent l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni, des liens qui tiennent à l’Histoire, qui tiennent aussi à des relations économiques intenses. J’ai été parfaitement clair, il n’y aura aucune conséquence du Brexit sur la relation entre l’Union européenne et l’Afrique du Sud, j’allais dire presque au contraire, nous allons renforcer encore nos relations commerciales de manière à ce que l’Afrique du Sud puisse être un partenaire pour l’Europe, dans le cadre aussi d’organisations régionales comme la SADC.

Nous voulons aussi bien préciser ce qu’est la position française par rapport au Brexit, qui n’est pas de punir le peuple britannique parce qu’il aurait voté, c’est son choix, pour sortir de l’Union européenne, mais nous voulons réduire, autant qu’il est possible, la période d’incertitudes. C’est la même inquiétude qui a pu être un moment formulée par nos amis Sud-africains, rien n’est pire en économie, comme d’ailleurs en politique, que l’incertitude, et l’intérêt commun est de pouvoir engager au plus tôt les négociations.

Je parlais du Royaume-Uni, et du lien historique avec l’Afrique du Sud, le Président ZUMA se rendra dans la Somme pour commémorer le centenaire de la bataille du Bois Delville qui a vu, dans cette bataille, tomber de nombreux Sud-africains. C’était à l’occasion de la Première Guerre mondiale, et la France n’oubliera jamais le courage et le sacrifice de ces soldats sud-africains. C’est pourquoi il était très important qu’à l’occasion du centenaire de la bataille du Bois Delville il puisse y avoir un mémorial qui puisse rappeler cette histoire, ce sacrifice et ce lien qui unit l’Afrique du Sud et la France. Merci Président.

Source : Elysée

publie le 13/07/2016

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