Lancement du projet "100 000 professeurs pour l’Afrique"

Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères (extraits)

Paris, 20/03/2014

(…)

Lorsqu’on regarde les chiffres, on nous dit qu’aujourd’hui, le nombre de locuteurs francophones est de 220 millions. On envisage le chiffre de 400 millions en 2025 et de plus de 700 millions en 2050, soit une multiplication par 4 en cinquante ans. Alors que la population mondiale n’augmentera dans cette période que de 50 %, il s’agira pour la francophonie d’une augmentation de 400 %. Mais cela ne veut pas dire pour autant que, si l’Afrique se développe et elle le fera à coup sûr, comme il est prévu, la francophonie se développera du même pas. Il existe une course de vitesse entre la croissance démographique et la croissance éducative. Notre tâche et notre choix c’est de faire en sorte que la croissance éducative gagne cette course. C’est cela, je pense, l’idée fondamentale des 100.000 professeurs. Il faut nous mobiliser pour enseigner, diffuser et soutenir le français. C’est l’objectif fondamental de l’OIF. Et c’est ce que nous avons en partage ici, c’est aussi une priorité de mon action à la tête de notre diplomatie.

Il faut veiller à ce que le français soit l’une des langues du cyberespace. Il y a énormément à faire afin de donner au français davantage de visibilité sur la toile. Dans le monde virtuel, qui détermine souvent, par une espèce de séquence inversée, le monde réel, la place du français n’est pas à la hauteur de sa place dans le monde réel.

Si nous voulons arriver à gagner cette course de vitesse, nous devons créer davantage de contenus numériques, notamment dans les domaines de la connaissance, de l’information, de l’enseignement scolaire et universitaire, de la culture et du divertissement, du commerce ou de la médecine. Ce doit être une priorité pour toutes nos institutions francophones culturelles et éducatives. Récemment, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a lancé la première plateforme française de cours en ligne, qui s’appelle France Université Numérique, à laquelle le ministère des affaires étrangères apporte son soutien. L’enjeu de ces Cours en Ligne Ouverts et Massifs est fondamental pour l’avenir de la francophonie.

Nous devons aussi mieux utiliser le numérique pour enseigner et diffuser le français qui représente la deuxième langue la plus apprise après l’anglais. Dans de nombreux pays, le succès de l’éducation pour tous, deuxième objectif du millénaire pour le développement, s’est parfois réalisé au détriment de la maîtrise du français, compte tenu du manque d’enseignants ou de qualification des enseignants.

Les outils numériques que l’on va nous présenter ce matin doivent contribuer à répondre à ce défi, à cette course de vitesse, défi auquel nous travaillons ensemble, à travers beaucoup de choses, les projets développés par TV5Monde, France 24 et RFI, dans le cadre du partenariat étroit qui unit la France, les États francophones, l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Agence universitaire de la francophonie.

Le projet qui est lancé, « 100.000 professeurs pour l’Afrique », s’inscrit dans cette volonté d’utiliser toutes les possibilités du numérique pour consolider l’enseignement du et en français sur le continent africain. Il doit nous permettre de répondre au défi de la massification des effectifs scolaires et universitaires en mettant à disposition des enseignants suffisamment nombreux et disposant d’une formation linguistique et pédagogique adaptée. Il est le fruit de partenariats multiples et de la mobilisation de tous les opérateurs francophones, et permettez-moi de remercier en tout premier lieu le président Darcos et l’équipe de l’Institut Français en charge de la mise en oeuvre de ce projet, « 100.000 professeurs pour l’Afrique ». Cela devrait enclencher une dynamique en matière de formation, y compris professionnelle, et de développement du numérique. C’est donc toute la jeunesse africaine francophone qui doit pouvoir en bénéficier à terme.

(…)pourquoi ne pas réfléchir à une autre opération pour d’autres continents puisque la francophonie, évidemment, ne se limite pas à l’Afrique. (…)./.

publie le 14/01/2016

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